Les Méditations

 

  1. Nous sommes appelés à être ton amour, Ô Dieu, prière

Ô Dieu, tu nous as créés par le souffle de ton Esprit : Tu nous sanctifies dans ta sainte Église par le souffle de ton Esprit. Pour que nous soyons les hommes de ce souffle. Pour que notre chair et notre sang, pour que notre vie, nos activités, nos souffrances ne soient qu’une inspiration constante du souffle de ton Esprit Saint, pas pour nous, non, mais pour le salut du monde !

Nous ne sommes pas appelés à rester paresseusement en toi ; nous ne sommes pas appelés à nous cacher en toi ; nous sommes appelés à être ton amour.

Pour que tu nous déverses au-dehors, pour que tu nous disperses au vent, pour que tu nous jettes en rafale aux quatre coins du monde.

 

  1. La vigne véritable

Moi, je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, pour qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’aurez. C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. C’est de vous aimer les uns les autres.

 

  1. La foi des Anciens

Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage.

Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce que l’on voit provient de ce qui n’est pas apparent.

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice de plus grande valeur que celui de Caïn ; aussi fut-il proclamé juste, Dieu ayant rendu témoignage à ses dons, et par elle aussi, bien que mort, il parle encore.

Par la foi, Hénoch fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu. Or sans la foi il est impossible de lui plaire. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent.

Par la foi, Noé, divinement averti de ce qui n’était pas encore visible, saisi d’une crainte religieuse, construisit une arche pour sauver sa famille. Par la foi, il condamna le monde et il devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi.

Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C’est qu’il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu’elle estima fidèle celui qui avait promis.

C’est bien pour cela que d’un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables..

C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie. Et s’ils avaient pensé à celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi, Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville.

 

  1. Saint Athanase d’Alexandrie, l’Incarnation fait connaître le Verbe

Une fois que l’esprit des hommes était tombé dans le sensible, le Verbe s’abaissa jusqu’à se rendre visible dans un corps pour attirer à lui, étant homme, les hommes, et détourner vers lui leurs sens ; désormais ils le verraient comme un homme, et ses œuvres les persuaderaient qu’il n’est pas un homme seulement, mais Dieu, et Verbe et Sagesse du Dieu véritable. C’est ce que Paul veut faire comprendre quand il dit : “Enracinés et fondés dans la charité, pour que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la hauteur et la profondeur, et connaître la charité du Christ qui surpasse toute connaissance, pour que vous soyez remplis en toute la plénitude de Dieu (Ep 3, 17-19). Le Verbe se déploie partout, en haut et en bas, dans la profondeur et la largeur, en haut dans la création, en bas dans l’incarnation, dans la profondeur aux enfers, dans la largeur dans le monde : tout est rempli de la connaissance de Dieu.

 

  1. Avènement de la foi et filiation divine

Avant la venue de la foi, nous étions enfermés sous la garde de la Loi, réservés à la foi qui devait se révéler. Ainsi la Loi nous servit-elle de pédagogue jusqu’au Christ, pour que nous obtenions de la foi notre justification. Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans Christ Jésus. Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus.

Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d »Abraham, héritiers selon la promesse […] Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale. Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! Aussi n’es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.

 

  1. Prologue de l’Évangile de saint Jean, Le Verbe s’est fait chair

Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.

Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme, venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique- Engendré, plein de grâce et de vérité. Jean lui rend témoignage et s’écrie : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. »

Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. La grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, qui, l’a fait connaître.

 

  1. Apparitions aux disciples

Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : « Paix à vous ! » Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors, de nouveau : « Paix à vous »

Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Ayant dit cela, il souffla et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » Or Thomas, l’un des Douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux, lorsque vint Jésus. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l’intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : « Paix à vous. » Puis il dit à Thomas : « Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne sois plus incrédule, mais croyant. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ».

 

  1. En tous points Jésus s’est fait semblable à ses frères

Mais celui (Jésus) qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur, parce qu’il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort.

Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, quand il dit : J’annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l’assemblée. Et encore : Pour moi j’aurai confiance en lui. Et encore : Nous voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés.

Ainsi, puisque les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et d’affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort. Car ce n’est certes pas des anges qu’il se charge, mais c’est de la descendance d’Abraham qu’il se charge. En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. Car du fait qu’il a lui-même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés.

 

  1. Seconde intervention d’Isaïe

Yahvé parla encore à Achaz en disant : Demande un signe à Yahvé ton Dieu, au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus. Et Achaz dit : Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas Yahvé. Il dit alors : Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du lait caillé et du miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te jettent dans l’épouvante. (la guerre) Yahvé fera venir sur toi, sur ton peuple et sur la maison de ton père des jours tels qu’il n’en est pas venu depuis la séparation d’Éphraïm et de Juda (le roi d’Assur).

 

  1. Joseph assume la paternité légale de Jésus

Or telle fut la genèse de Jésus Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph : or, avant qu’ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint. Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur :

Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous. » Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme ; et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il l’appela du nom de Jésus.

 

  1. Joseph prend Marie chez lui

Fiancé à la Vierge Marie de Nazareth au temps où s’accomplit en elle le mystère de l’Incarnation, Joseph, “homme juste”, envisage de la répudier – secrètement pour ne la point diffamer lorsqu’il la sait enceinte, hors de toute relation conjugale. Mais l’Ange du Seigneur l’avertit en songe : la conception qui t’inquiète, humainement inexplicable, est le fait de la toute-puissance de divine ; qu’il prenne donc sans crainte avec lui l’épouse qui lui est destinée ; elle est sans reproche. Témoignant alors, comme elle-même au jour de l’Annonciation, d’une foi sublime et d’une totale docilité à la volonté de Dieu, Joseph conclut en effet son mariage avec Marie en partageant avec elle sa demeure. Il devient ainsi, selon l’expression de Bossuet, “le dépositaire de la sainte virginité de Marie … et celui de la personne de Jésus-Christ” ; et il va assumer cette charge avec une infatigable fidélité.

 

  1. Jésus dans les bras de Joseph

Cet enfant que l’on voit et que l’on croit être le fils de Joseph (Lc 3, 23) resplendit en fait de la Gloire du Père, “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur” (Mt 3, 17) Par Jésus enfant, chacun des enfants de Dieu dispersés pourra devenir la joie du Père, sa demeure désirée. Pour entrer dans le Royaume, il nous faut “devenir enfant” (Mt 18, 3-4) ; il nous faut nous abaisser, devenir plus petit ; plus encore, il nous faut “naître d’en haut” (Jn 3, 7)… Le mystère s’accomplit en nous lorsque le Christ fait de nous des enfants adoptifs de Dieu (Ep 1, 5). Jésus “petit enfant” dans les bras de Joseph en est la manifestation la plus adéquate. Ils sont à jamais frappants ces mots de Claudel : “… et j’ai compris l’éternelle enfance de Dieu…”

Tout n’est pas achevé : la création est en travail d’enfantement, dans le corps de l’homme et jusque dans les profondeurs de son cœur (Rm 8, 22-27). Lorsque Marie dit oui, l’Esprit survient, qui unit le Verbe et le Oui, le Don et l’Accueil, comme l’a écrit Jean Corbon. Et Joseph a fait la même chose, Il a consenti, comme Marie. L’Esprit Saint a enfanté virginalement le Corps du Christ, tissé dans notre humanité : le Corps du Christ, c’est aussi l’Église, c’est nous. Le Corps du Christ récapitule en lui tous les hommes, jusqu’à ce qu’ils parviennent à leur maturité, dans le Royaume.

C’est pourquoi Jésus reste dans les bras de Joseph. Celui-ci a pris l’enfant et sa mère, il s’en est chargé, à jamais ; il a pris le Fils – et tous les humains en Lui, le Premier-né et tous ses frères et sœurs adoptifs, tous, jusqu’au plus petit : moi, toi, nous.

 

  1. Sermon de saint Léon le Grand, le vrai jeûne

Il est vrai en tout temps, mes bien-aimés, que la terre est comblée de miséricorde par le Seigneur. La nature elle- même enseigne à chacun des croyants qu’il doit adorer Dieu, puisque le ciel, la terre et la mer, avec tout ce qu’ils renferment, attestent la bonté et la toute-puissance de leur Créateur ; puisque l’admirable beauté des éléments mis à notre service exige de la créature douée d’intelligence une juste action de grâce.

Mais voici revenus les jours plus spécialement marqués par les mystères qui ont renouvelé les hommes, les jours qui précèdent immédiatement la fête de Pâques ; nous sommes donc invités à nous y préparer plus activement par une religieuse purification.

La solennité pascale a ceci de propre que toute l’Église s’y réjouit de la rémission des péchés. Cette rémission se réalise non seulement chez ceux qui renaissent par le baptême mais encore chez ceux qui déjà font partie de la communauté des fils adoptés par Dieu.

Le bain de la nouvelle naissance a pour effet principal de faire des hommes nouveaux ; toutefois, il incombe à tous de se renouveler quotidiennement pour combattre la routine de notre condition mortelle et, dans les étapes de notre progrès chacun doit toujours devenir meilleur ; tous doivent faire effort pour qu’au jour de la rédemption personne ne demeure dans les vices de sa vie ancienne.

Ce que chaque chrétien doit faire en tout temps, mes bien-aimés, doit donc être recherché maintenant avec plus d’empressement et générosité. C’est ainsi que nous accomplirons le jeûne de quarante jours institué par les Apôtres ; nous ne nous contenterons pas de réduire notre nourriture, mais nous nous abstiendrons absolument du péché.

Rien n’est plus profitable que de joindre aux jeûnes spirituels et religieux la pratique de l’aumône ; sous le nom de miséricorde, elle englobe beaucoup d’actions de bonté qui méritent l’éloge, et c’est ainsi que les âmes de tous les croyants peuvent se rejoindre dans un même mérite, malgré l’inégalité de leurs ressources.

En effet, l’amour que l’on doit avoir tout ensemble pour Dieu et pour le prochain, n’est jamais entravé par de tels obstacles que ce désir du bien ne soit librement à sa disposition. Les anges ont dit : Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur la terre aux hommes pleins de bienveillance parce que non seulement la vertu de bienveillance mais aussi le bien de la paix rendent bienheureux celui qui compatit par sa charité à toutes les misères dont souffrent les autres.

Les œuvres de bonté sont extrêmement vastes, et leur diversité même permet aux vrais chrétiens de participer à la distribution des aumônes, s’ils sont riches et dans l’abondance, et même s’ils sont de fortune modeste ou dans la pauvreté ; et ceux qui, pour faire des largesses, sont inégaux en ressources, se ressemblent pourtant par les sentiments profonds.

 

  1. Saint Grégoire de Naziance

Le Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu (…). Nous l’appelons don, grâce, onction illumination, vêtement d’incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu’il ya de plus précieux. Don, parce qu’il est conféré à ceux qui n’apportent rien ; grâce, parce qu’il est donné même à des coupables ; baptême, parce le péché est enseveli dans l’eau ; onction, parce qu’il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints), illumination, parce qu’il est lumière éclatante ; vêtement, parce qu’il voile notre honte ; bain, parce qu’il lave ; sceau parce qu’il nous garde et qu’il est le signe de la seigneurie de Dieu.

 

  1. Entretien avec Nicodème

Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous faut naître à nouveau. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » Nicodème lui répondit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu ; mais vous n’accueillez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ? Nul n’est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait en lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par son entremise.

 

  1. Profession de foi et primauté de Pierre.

Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » –« Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. » Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.

 

  1. Apprendre à espérer

La confession de foi de Pierre marque la fin d’une première étape de sa vie ; il a été avec Jésus, a développé une relation d’amitié avec lui, a partagé sa vie, écouté ses paroles, appris à voir le monde autrement. À présent, Jésus et les disciples vont cesser de parcourir en tous sens la Galilée, et se mettre en route vers le lieu où il va souffrir et mourir et ressusciter. La profession de foi de Pierre précipite cette étape nouvelle et angoissante où tout se désagrège. À présent, il lui faut apprendre à espérer.

Beaucoup d’entre nous suive le même chemin. À chaque Vigile pascale, des milliers de gens de par le monde sont baptisés et reçus dans l’Église. Après des mois de préparation, ils professent leur foi. Ce n’est pas forcément une expérience terrifiante, comme dans l’Église primitive où l’on vous immergeait tout nu dans l’eau glacée, mais cela marque une rupture dans leur vie, un nouveau commencement. On comprend leur soupir de soulagement à voir que maintenant ils sont arrivés. Ils se sentent à leur place dans l’Église et peuvent jouir paisiblement de leur nouvelle identité, celle de croyants heureux de confesser, comme Pierre, « Tu es le Christ.

 

  1. Les Moines passent leur temps en procession

Les moines passent leur temps en procession. Chaque fois que nous allons, communautairement, d’un endroit à un autre, c’est en procession, pas à « la va-comme-je-te-pousse ». Nous entrons dans l’église en procession, nous en sortons de même. Nous allons au réfectoire en procession. En procession également à nos cellules. En procession au cimetière. En procession autour de notre propriété. Je prends plaisir à toutes ces déambulations.. Bien sûr, cela pourrait devenir trop solennel ; être vécu avec trop de sérieux ; auquel cas, ce serait sinistre. Mais je le vis comme un plus dans ma vie, comme quelque chose dans ma journée que je n’aurais pas si je n’étais pas moine. Et ainsi, il m’est constamment rappelé que je n’avance pas au petit bonheur dans la vie. Dans ma vie personnelle, je me vois assigner une place dans la procession dernière, celle du Christ. Je suis partie prenante d’une histoire immense, d’un mouvement immense, d’un exode définitif. Ma vie a un but.

 

  1. Le sens du péché

On ne peut pas avoir un sens juste du péché tant qu’on n’a pas même notion du pardon inconditionnel, aimant et gratuit, de Dieu. Dire aux gens qu’ils sont pécheurs avant qu’ils n’aient conscience de ce pardon, même confusément, ce serait ou bien inefficace, comme les pancartes interdisant de jeter des déchets, ou bien dévastateur. À la limite, notre société souffre d’un excès de culpabilité : parce que nous ne sommes pas les parents merveilleux que nos enfants méritent, ou à cause de notre richesse et de notre bien-être dans un monde où des millions de gens meurent de faim chaque année, ou encore de notre participation à l’exploitation de la planète. Pareille culpabilité, qui correspond à un état psychologique d’angoisse bien plus qu’à une reconnaissance objective de faute, risque de nous désespérer et de nous paralyser. Beaucoup de gens se bouchent instinctivement les oreilles dès qu’il est question de christianisme parce qu’ils sont déjà tellement oppressés par une culpabilité à demi refoulée que la dernière chose dont ils aient besoin, c’est de s’entendre dire qu’ils sont pécheurs. Mais nous, c’est parce que nous croyons à l’amour et au pardon inconditionnel de Dieu que nous osons regarder en face les blessures et le mal dus à nos action, et ne pas paniquer et céder au chagrin. Le chagrin dénote une saine prise de conscience du mal que nous avons causé à autrui et à nous-mêmes, tandis que les sentiments de culpabilité peuvent ressortir à une concentration narcissique sur moi : Je me dégoûte !. Le chagrin n’est pas signe que nous sommes loin de Dieu, mais que sa grâce réparatrice est déjà à l’œuvre en nous, en train d’adoucir nos cœurs et d’en faire des cœurs de chair et non de pierre.

 

  1. Que l’homme ne se connaît pas entièrement soi-même, Saint Augustin

Il n’y a que vous, Seigneur, qui me connaissiez parfaitement. Car encore qu’il n’y ait que l’esprit de l’homme qui sache ce qui se passe en lui et que ce secret soit impénétrable à tout le reste des hommes, il y a néanmoins quelque chose dans l’homme que son esprit même ne connaît pas. Mais vous, Seigneur, pénétrez dans les replis les plus cachés de son âme, parce que vous le connaissez comme l’ouvrier connaît son ouvrage. Et bien que me considérant en votre présence, j’entre dans le mépris de moi-même, et me regarde comme n’étant que terre et que centre, je sais néanmoins quelque chose de vous que je ne sais pas de moi-même. Car encore que je ne puisse maintenant vous voir face à face, mais seulement comme dans un miroir et sous des voiles, et pendant que je suis éloigné de vous, vous ne me soyez pas si présent que je le suis à moi-même ; néanmoins je ne me lasse pas de savoir que rien n’est capable de vous nuire ; mais je ne sais pas à quelles tentations je suis, ou ne suis pas capable de résister.

Toute mon espérance consiste en ce qu’étant fidèle en vos promesses, vous ne souffrez pas que nous soyons tentés au-delà de ce que nos force peuvent porter, mais vous nous en faites sortir par votre grâce, en nous donnant par elle moyen de les soutenir. Je confesserai donc ce que je connais et ce que j’ignore de moi-même, puisque je ne connais ce que j’en connais que par la lumière que vous m’en donnez ; et j’ignorerai toujours ce que j’en ignore jusqu’à ce que les ténèbres qui sont dans mon âme soient changées en un midi sans nuages par l’éclat de votre gloire.

 

  1. La dévotion chez Saint François de Sales

Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits., chacune selon son genre : ainsi commande-t- il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Je vous prie, Philothée, serait-il à propos que l’Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux ? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l’Évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent.

Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie, ainsi elle perfectionne tout, et lorsqu’elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu’un, elle est sans doute fausse. « L’abeille, dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les intéresser », les laissant entières et fraiches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévotion fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte nulle sorte de vocation ni d’affaires, ainsi au contraire elle les orne et embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes, chacune selon sa couleur et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion : le soin de la famille en est rendu paisible, l’amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d’occupations plus suaves et aimables.

C’est une erreur ainsi une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent ces états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.

 

  1. L’Esprit Saint unifie

Répétons-le, la foi en l’Esprit Saint n’est pas de nature à diviser. Nous ne prétendons pas être seuls en possession de la grâce de l’Esprit, nous désignons celui qui est “le donateur de vie”, présent en toute vie et en tout amour. L’Esprit Saint purifie nos amours de tout ce qui est condescendant, dominateur, et manipulateur, et ôte de nos yeux le cynisme. À force de partager la vie de la Trinité, nous sommes peu à peu guéris de l’esprit de rivalité et de peur. Le dogme de la Trinité est donc loin d’alimenter l’intolérance et les prétentions à une quelconque supériorité chrétienne. Nous avons commencé l’eucharistie au nom de la Trinité ; dans le Credo nous professons notre foi en elle ; et nous nous bénirons mutuellement en son nom au moment de l’envoi final. Partager la vie du Dieu trine, être formés par son amitié éternelle, ouvre nos esprits et nos cœurs à voir avec gratitude, à nous réjouir de comprendre, et à tendre au-delà de nous-mêmes dans l’amour. Si nous utilisons cette merveilleuse doctrine pour fustiger nos adversaires et fortifier les remparts ecclésiastiques contre l’ennemi, nous sommes en contradiction avec le sens de son enseignement.

 

  1. Le christianisme est une religion du salut

Ce qui est arrivé sur le Golgotha est un fait historique. Mais il n’est pas limité dans l’espace et le temps. Il remonte dans le passé jusqu’à l’origine du monde et il ouvre l’avenir jusqu’à la fin de l’Histoire. Il récapitule toute l’humanité de tous les lieux et de toutes les époques. Le Christ est ce que l’humanité attend et en même temps Il en est l’achèvement. “Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver.”

Le christianisme est une religion du salut, c’est-à-dire sotériologique, si nous utilisons le langage de la théologie. La sotériologie chrétienne est contenue dans le Mystère pascal. Pour espérer être sauvé en Dieu, l’homme doit s’arrêter au pied de la Croix du Christ. Ensuite, le dimanche qui suit le Samedi Saint, il doit se trouver devant le tombeau vide et entendre ce qui a été dit aux femmes de Jérusalem : “Il n’est pas ici, car il est ressuscité.” De la Croix à la Résurrection se fait jour la certitude que Dieu sauve l’homme, qu’Il le sauve par le Christ, par sa Croix et sa Résurrection.

 

  1. La charité comme tâche de l’Église

L’amour du prochain, enraciné dans l’amour de Dieu, est avant tout une tâche pour chaque fidèle, mais il est aussi une tâche pour la communauté ecclésiale entière, et cela à tous les nivaux : de la communauté locale à l’Église particulière jusqu’à l’Église universelle dans son ensemble. L’Église aussi, en tant que communauté, doit pratiquer l’amour. En conséquence, l’amour a aussi besoin d’organisation comme présupposé pour un service communautaire ordonné. La conscience de cette tâche a eu un caractère constitutif dans l’Église depuis ses origines : « Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble, et ils mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous selon les besoins de chacun » (Ac 2, 44-45). Luc nous raconte cela en relation avec une sorte de définition de l’Église, dont il énumère quelques éléments constitutifs, parmi lesquels l’adhésion à « l’enseignement desApôtres », à « la communion » (koinonia), à « la fraction du pain » et à « la prière » (cf. Ac 2, 42). L’élément de la « communion » ici initialement non spécifié, est concrétisé dans les versets qui viennent d’être cités plus haut : cette communion consiste précisément dans le fait que les croyants ont tout en commun et qu’entre eux la différence entre riches et pauvres n’existe plus (cf. aussi Ac 4, 32-37). Cette forme radicale de communion matérielle, à vrai dire, n’a pas pu être maintenue avec la croissance de l’Église. Le noyau essentiel a cependant subsisté : à l’intérieur de la communauté des croyants il ne doit pas exister une forme de pauvreté telle que soient refusés à certains les biens nécessaires à une vie digne.

 

  1. Devoirs envers ses parents

Enfants, écoutez-moi, je suis votre père, faites ce que je vous dis, afin d’être sauvés. Car le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il fortifie le droit de la mère sur ses fils. Celui qui honore son père expie ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme quelqu’un qui amasse un trésor. Celui qui honore son père trouvera de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne satisfaction à sa mère. Celui qui craint le Seigneur honore son père. Il sert ses parents comme son Seigneur. En actes comme en paroles honore ton père afin que la bénédiction te vienne de lui. Car la bénédiction d’un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d’une mère en détruit les fondations. Ne te glorifie pas du déshonneur de ton père : il n’y a pour toi aucune gloire au déshonneur de ton père. Car c’est la gloire d’un homme que l’honneur de son père et c’est une honte pour les enfants qu’une mère méprisée. Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fais pas de peine pendant sa vie. Même si son esprit faiblit, sois indulgent, ne lui manque pas de respect, toi qui es en pleine force. Car une charité faite à un père ne sera pas oubliée, et, pour tes péchés, elle te vaudra réparation. Au jour de ton épreuve Dieu se souviendra de toi, comme glace au soleil, s’évanouiront tes péchés. Tel un blasphémateur, celui qui délaisse son père, un maudit du Seigneur, celui qui exaspère sa mère.

 

  1. Le bon Pasteur

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis, mais en fait l’escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus leur tint ce discours mystérieux mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait ».

 

  1. Je suis la porte des brebis

Alors Jésus dit à nouveau : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante. Moi, je suis le bon pasteur ; le bon pasteur dépose sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit, et le loup s’en empare et les disperse. C’est qu’il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je dépose ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur ; c’est pour cela que le Père m’aime, parce que je dépose ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève ; mais je la dépose de moi-même. J’ai pouvoir de la déposer et j’ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père.»

 

  1. L’entretien avec Nicodème

Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous faut naître à nouveau.

Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » Nicodème lui répondit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu ; mais vous n’accueillez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ? Nul n’est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait en lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par son entremise. Qui croit en lui n’est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils Unique-Engendré de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin qu’il soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. »

 

  1. Le Tombeau trouvé vide

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre, ainsi que l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. »

Pierre sortit donc, ainsi que l’autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble. L’autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre ; pourtant il n’entra pas. Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait ; il entra dans le tombeau ; et il voit les linges, gisant à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête ; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. Alors entra aussi l’autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. En effet, ils ne savaient pas encore que, d’après l’Écriture, il devait ressusciter d’entre les morts. Les disciples s’en retournèrent alors chez eux.

 

  1. L’apparition à Marie de Magdala

Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur dit : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. »

Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. » Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » – ce qui veut dire : « Maître. » Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie de Magdala vient annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur » et qu’il lui a dit cela.

 

  1. Un déjeuner avec Jésus et l’invitation à le suivre

Jésus leur dit : « Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. » Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons : cent cinquante-trois ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. Jésus leur dit : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » sachant que c’était le Seigneur. Jésus vient, il prend le pain et il le leur donne ; et de même le poisson. Ce fut là la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d’entre les morts.

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Fais paître mes agneaux. » Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » – « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné de ce qu’il lui eût dit pour la troisième fois : « M’aimes-tu ? », et il lui dit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Fais paître mes brebis. »

 

  1. Jésus et les petits enfants

On lui présentait aussi les tout-petits pour qu’il les touchât ; ce que voyant, les disciples les rabrouaient. Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu. En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. »

 

  1. Qu’est que cela veut dire, un concile pastoral

Cela voulait dire que l’Église tenait compte du monde. L’Église n’est plus une entité en l’air. Nous allons réanimer l’Église à condition d’être à l’écoute du monde, de ses questions, de ses peurs et de ses espoirs. Les signes des temps sont une réalité où Dieu appelle de façon nouvelle à travers la nouveauté d’un temps. C’est cela qui est important. Les signes des temps consistent aujourd’hui en la diminution du clergé et la perte de la pratique religieuse. Nous devons regarder de près ces signes. Il s’agit d’un appel de Dieu à travers ce que ce temps nous appelle à vivre. Jean XXIII avait compris cela. Liés à la température qu’il va faire les gens disent qu’il va pleuvoir s’ils voient des nuages noirs. Jésus emploie des mots sévères, “esprits pervertis”, à l’égard de ceux qui refusent de lire les signes du temps présent.

 

  1. Parabole des ouvriers envoyés à la vigne

Car il en va du Royaume des Cieux comme d’un propriétaire qui sortit au point du jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec les ouvriers d’un denier pour la journée et les envoya à sa vigne. Sorti vers la troisième heure, il en vit d’autres qui se tenaient, désœuvrés, sur la place, et à ceux-là il dit : “Allez, vous aussi, à la vigne, et je vous donnerai un salaire équitable.” Et ils y allèrent. Sorti de nouveau vers la sixième heure, puis vers la neuvième heure, il fit de même. Vers la onzième heure, il sortit encore, en trouva d’autres qui se tenaient là et leur dit : “Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans travailler ?” – “C’est que, lui disent-ils, personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez, vous aussi, à la vigne.” Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et remets à chacun son salaire, en remontant des derniers aux premiers.” Ceux de la onzième heure vinrent donc et touchèrent un denier chacun. Les premiers, venant à leur tour, pensèrent qu’ils allaient toucher davantage ; mais c’est un denier chacun qu’ils touchèrent, eux aussi. Tout en le recevant, ils murmuraient contre le propriétaire : “Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les as traités comme nous, qui avons porté le fardeau de la journée, avec sa chaleur.” Alors il répliqua en disant à l’un d’eux : “Mon ami, je ne te lèse en rien : n’est-ce pas d’un denier que nous sommes convenus ? Prends ce qui te revient et va-t’en. Il me plaît de donner à ce dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? Ou faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon ?” Voilà comment les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.

 

  1. La passion de Dominique pour le salut des âmes

Où qu’il se trouva, il parlait sans cesse de Dieu ou avec Dieu, et il exhortait ses frères à en agir de même, et il fit mettre par écrit ce point dans la règle des Frères Prêcheurs c‘est-à-dire dans leurs constitution. […] Il (Dominique) désirait ardemment le salut de toutes les âmes, tant des fidèles que des infidèles. Souvent il disait au témoin : (Frère Paul de Venise) “Quand nous aurons organisé et affermi notre ordre, nous irons chez les Cumans , nous leur prêcherons la foi du Christ et nous les gagnerons au Seigneur .

 

  1. La vocation propre des laïcs, Concile Vatican II, Lumen Gentium.

La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. À cette place ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. C’est à eux qu’il revient, d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur.

 

  1. Les Prêcheurs sont enjoint de Prêcher pour la rémission de leur péché

Du reste, parce que c’est le succès et non pas le combat qui obtient la couronne et que seule la persévérance, parmi toutes les vertus qui concourent dans le stade, remporte le prix proposé, nous adressons à votre charité cette demande et cette exhortation pressante, vous en faisant commandement par ces lettres apostoliques et vous l’imposant en rémission de vos péchés ; que confirmés de plus en plus dans le Seigneur, vous vous appliquiez à annoncer la parole de Dieu, en insistant à temps et à contre-temps, pour accomplir pleinement et de manière digne d’éloge votre tâche de prédicateur de l’Évangile. Si vous avez à souffrir des tribulations pour cette cause, ne vous contentez pas de les supporter avec une âme égale ; tirez-en gloire, avec l’apôtre et réjouissez-vous en elles de ce qu’on vous a jugés dignes d’endurer des outrages pour le nom de Jésus ; car cette affliction légère et temporaire produit un immense poids de gloire auquel on ne peut comparer les souffrances du temps présent.

Nous aussi, qui désirons vous réchauffer de notre faveur comme des fils spéciaux, nous vous demandons d’offrir au Seigneur à notre intention le sacrifice de vos lèvres, pour obtenir peut-être par vos suffrages ce que nous ne pouvons par nos mérites.

Donné au Latran, le 12 des calendes de février, l’an premier de notre pontificat.

 

  1. Volonté de Dieu, disponibilité de l’homme

Le Royaume, c’est pour chacun une réponse à un appel personnel ; c’est une adhésion à une volonté personnelle de Dieu, à une volonté qui varie pour chacun de nous, et qui varie également pour nous selon les circonstances. Le plan de Dieu, vu du côté humain, n’est pas une loi établie une fois pour toutes, mais une volonté progressive ; il se révèle peu à peu selon les besoins de réalisation de son Église et selon notre capacité personnelle. Le Royaume n’est rien de tout fait, sur quoi se reposer. Nous avons toujours à suivre Jésus, sans connaître d’avance le chemin. Nous avons toujours à discerner ce que Dieu attend maintenant de nous ; il nous faut donc entretenir l’inquiétude, orientée et paisible, mais éveillée, d’une volonté vivante et progressive. Les exigences de Dieu sur nous peuvent croître, il se peut qu’il exige de nous le lendemain ce qu’il n’a pas exigé la veille. Il y a sans cesse à s’en préoccuper à nouveau… Il faut savoir remettre en question ce que l’on fait, pour se maintenir toujours en état de disponibilité devant Dieu.

 

  1. Aimer le monde, la vie apostolique

Le prêcheur est d’abord un homme de la rencontre et du dialogue. On rapporte (G. Fracher, Vie des frères. II, 10) que Dominique, alors qu’il marchait avec des pèlerins “Germains” et qu’il voulait répondre à leur besoin spirituel, invita ses compagnons à se préparer à leur parler du Christ en leur disant : “Mettons-nous à genoux et prions pour les comprendre, afin que nous puissions parler leur propre langue et, ainsi, prêcher !” Ainsi étaient désignés les éléments de la rencontre apostolique : rencontrer, prier, écouter, dialoguer, chercher à comprendre les besoins, et alors prêcher.

Le prêcheur est envoyé en mission pour aimer le monde à la suite du Christ dont il désire révéler la présence. Par bien des côtés, le monde que nous voulons aujourd’hui suscite des angoisses : conflits, violences faites à l’humanité, exclusions, souffrances causées par certaines migrations, insécurité de beaucoup, nouveau mouvements religieux prêchant l’exclusivité, les effets pervers de la mondialisation, risques de bouleversements écologiques, risque pour la famille humaine des politiques de sécurité nationale. De tout cela les membres de la famille dominicaine peuvent attester que ce sont les pauvres qui en sont les premières victimes. En même temps, nous sommes témoins et parfois solidaires de l’espoir immense avec lequel beaucoup œuvrent à ce que le monde d’aujourd’hui et de demain soit habitable par tous. C’est par exemple ce dont témoigne le Word Social Forum auquel il est bon que la famille dominicaine participe. Nous constatons aussi certains effets positifs de la mondialisation, comme la richesse que peut représenter la réalité désormais interculturelle de nos villes, l’amélioration des conditions de vie produite par les sciences et les techniques, des efforts pour davantage d’égalité entre les hommes et les femmes,, les bienfaits des progrès en matière de communication. C’est ce monde contrasté que nous devons aimer, dans l’incertitude de ces mutations qui nous traversent nous-mêmes, et dans l’espérance de son avenir.

 

  1. Mission des soixante-douze disciples

Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. Et il leur disait : “La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. »

 

  1. Être les collaborateurs de la mission de Jésus.

Et on lui amène un sourd, qui de plus parlait difficilement, et on le prie de lui imposer la main. S’en retournant du territoire de Tyr, il vint par Sidon vers la mer de Galilée, à travers le territoire de la Décapole. Et on lui amène un sourd, qui de plus parlait difficilement, et on le prie de lui imposer la main. Le prenant hors de la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles et avec sa salive lui toucha la langue. Puis, levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement et lui dit : “Ephphatha”, c’est-à-dire : “Ouvre-toi !” Et ses oreilles s’ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue se dénoua et il parlait correctement. Et Jésus leur recommanda de ne dire la chose à personne ; mais plus il le leur recommandait, de plus belle ils la proclamaient. Ils étaient frappés au-delà de toute mesure et disaient : “Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets”.

« Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. »

« Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : “Aperçois-tu quelque chose ?” Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : “J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher.” Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : “N’entre même pas dans le village.” »

« “Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai- je ? Amène ici ton fils.” »

« Or il advint, le jour suivant, à leur descente de la montagne, qu’une foule nombreuse vint au-devant de lui. Et voici qu’un homme de la foule s’écria : “ Maître, je te prie de jeter les yeux sur mon fils, car c’est mon unique enfant.
“Et voilà qu’un esprit s’en empare, et soudain il crie, le secoue avec violence et le fait écumer ; et ce n’est qu’à grand-peine qu’il s’en éloigne, le laissant tout brisé. J’ai prié tes disciples de l’expulser, mais ils ne l’ont pu.” – “Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai- je ? Amène ici ton fils.” Celui-ci ne faisait qu’approcher, quand le démon le jeta à terre et le secoua violemment. Mais Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et le remit à son père. Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu. »

« Et voici qu’on lui apportait un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis. »

« Et voici qu’on lui apportait un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : “Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis.” Et voici que quelques scribes se dirent par-devers eux : “Celui-là blasphème.” Et Jésus, connaissant leurs sentiments, dit : “Pourquoi ces mauvais sentiments dans vos cœurs ? Quel est donc le plus facile, de dire : Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t’en chez toi.” Et se levant, il s’en alla chez lui. À cette vue, les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d’avoir donné un tel pouvoir aux hommes. »

 

  1. Le travail des laboureurs, Parole du prophète

Alors un laboureur dit, Parlez-nous du Travail. Et il répondit, disant : Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l’âme de la terre. Car être oisif c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l’infini.

Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte à travers laquelle le murmure des heures se transforme en musique. Lequel d’entre vous voudrait être un roseau, muet et silencieux, alors que tout chante à l’unisson ?

Toujours on vous a dit que le travail est une malédiction et le labeur une infortune. Mais je vous dis que lorsque vous travaillez vous accomplissez une part du rêve le plus lointain de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit. Et en vous gardant unis au travail, en vérité vous aimez la vie, et aimer la vie à travers le travail, c’est être initié au plus intime secret de la vie. […] Et qu’est-ce que travailler avec amour ? C’est tisser l’étoffe avec des fils tirés de votre cœur, comme si votre bien-aimé devait porter cette étoffe.

C’est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien-aimé devait demeurer en cette maison. C’est semer des grains avec tendresse et récolter la moisson avec joie, comme si votre bien-aimé devait en manger le fruit. C’est mettre en toutes choses que vous façonnez un souffle de votre propre esprit, et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprès de vous et veillent. […] Le travail est l’amour rendu visible. Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple et recevoir l’aumône de ceux qui œuvrent dans la joie. […] Et si même vous chantez comme les anges et n’aimez pas le chant, vous fermez les oreilles de l’homme aux voix du jour et aux voix de la nuit.

 

  1. Les prescriptions données aux Prêcheurs pour l’envoi en mission

En consultant les constitutions primitives, l’on voit par différentes prescriptions, comment les premiers frères Prêcheurs insistaient sur la simplicité de la vie du Prêcheur en ce qui a trait aux biens matériels, à l’habillement, à la nourriture et à la propriété des bâtiments. La règle insiste pour que les frères ne portent pas d’argent ou d’or. On peut aussi consulter la règle de saint Augustin qui a inspiré le type de vie canoniale des Prêcheurs et dans la joie. Mais s’il a voulu cette manière d’aller vers le monde pour les frères, il a doté son Ordre, dès ses commencements, de structures parallèles pour que la Sainte Prédication puisse garder une vie contemplative ordonnée à la mission. Le couvent a été doté de frères coopérateurs et de laïcs amis du couvent pour que les frères puissent mieux vivre la dimension de l’étude et de la prière. Dès les origines, Dominique se préoccupe de l’aspect multiple de l’intervention missionnaire. Ce n’est pas tous les prêcheurs qui étaient appelés à parcourir les routes pour annoncer la Parole. Certains étaient députés à la prédication itinérante, d’autres à l’enseignement, mais combien d’autres étaient voués à maintenir la structure conventuelle et son rayonnement ! On peut penser ici, par exemple, à l’hôtellerie conventuelle en honneur chez les Prêcheurs qui recevaient les itinérants de toutes sortes.

Les entreprises confiées aux coopérateurs et aux donnés laïcs pour maintenir matériellement le couvent et le projet de la Sainte Prédication ne manquent pas de nous éclairer sur ce point. Le travail de l’apothicaire du couvent de Bordeaux qui envoyait de par le monde des médicaments préparés par les frères ne devrait-il pas susciter notre admiration ? Quelle ingéniosité !

 

  1. Parler ouvertement et sans crainte

Sur ces entrefaites, la foule s’étant rassemblée par milliers, au point qu’on s’écrasait les uns les autres, il se mit à dire, et d’abord à ses disciples : « Méfiez-vous du levain – c’est-à-dire de l’hypocrisie – des Pharisiens. Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. C’est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l’oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits.

“Je vous le dis à vous, mes amis : Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, Celui-là, craignez-le. Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux as ? Et pas un d’entre eux n’est en oubli devant Dieu ! Bien plus, vos cheveux même sont tous comptés. Soyez sans crainte ; vous valez mieux qu’une multitude de passereaux.

“Je vous le dis, quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié à la face des hommes sera renié à la face des anges de Dieu.

“Et quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis, mais à qui aura blasphémé contre le Saint Esprit, cela ne sera pas remis.

“Lorsqu’on vous conduira devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne cherchez pas avec inquiétude comment vous défendre ou que dire, car le Saint Esprit vous enseignera à cette heure même ce qu’il faut dire.”

 

  1. La règle apostolique, Constitutions primitives des Prêcheurs, 2e distinction

Quand ils s’en vont ainsi pour exercer le ministère de la prédication ou voyagent pour d’autres causes, ils ne doivent recevoir ni porter de l’or, de l’argent, de la monnaie ou quelque autre cadeau, à l’exception de la nourriture, du vêtement et des autres instruments de nécessité et des livres… pour que dans une liberté plus grande ils deviennent capables de mieux remplir le ministère spirituel qu’on leur a confié ; à moins que d’aventure on ne trouve aucune autre personne qui puisse s’occuper de ces nécessités : car il n’est pas mauvais qu’on soit par moment retenu par les nécessités du jour présent.

 

  1. La première communauté chrétienne

« Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte gagnait tout le monde : beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les apôtres. Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité du cœur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut. »

 

  1. Avance au large

Or il advint, comme la foule le serrait de près et écoutait la parole de Dieu, tandis que lui se tenait sur le bord du lac de Gennésaret, qu’il vit deux petites barques arrêtées sur le bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Il monta dans l’une des barques, qui était à Simon, et pria celui-ci de s’éloigner un peu de la terre ; puis, s’étant assis, de la barque il enseignait les foules.

Quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : « Avance en eau profonde, et lâchez vos filets pour la pêche. » Simon répondit : « Maître, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je vais lâcher les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une grande multitude de poissons, et leurs filets se rompaient. Ils firent signe alors à leurs associés qui étaient dans l’autre barque de venir à leur aide. Ils vinrent, et l’on remplit les deux barques, au point qu’elles enfonçaient.

À cette vue, Simon-Pierre se jeta aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » La frayeur en effet l’avait envahi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause du coup de filet qu’ils venaient de faire ; pareillement Jacques et Jean, fils de Zébédée, les compagnons de Simon. Mais Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte ; désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Et ramenant les barques à terre, laissant tout, ils le suivirent.

 

  1. C’est la grâce de Dieu qui est avec chaque Compagnon

Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; sinon, vous auriez cru en vain.

Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart d’entre eux demeurent jusqu’à présent et quelques-uns se sont endormis – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton.
Car je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n’a pas été stérile. Loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous : oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.
Bref, eux ou moi, voilà ce que nous proclamons. Et voilà ce que vous avez cru.

 

  1. L’audace d’inventer de nouveau modes de rencontres et de prédications dans le monde d’aujourd’hui.

Le retour au témoignage des premiers frères montre bien que c’est la passion pour le salut des hommes et des femmes de leur temps qui a déployé en eux le sens de la miséricorde et la qualité de compassion de Dominique. Notre tradition spirituelle montre aussi comment le dialogue avec Dieu animait la vocation apostolique des premières générations. Cette réalité de la vie spirituelle, de la contemplation, de la célébration liturgique et de l’intercession, est certainement le point d’appui le plus sûr pour nous donner l’audace d’inventer de nouveaux modes de rencontres et de prédications dans le monde d’aujourd’hui.

 

  1. La Samaritaine, donne-moi à boire

Quand Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu’il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean – bien qu’à vrai dire Jésus lui-même ne baptisât pas, mais ses disciples –, il quitta la Judée et s’en retourna en Galilée. Or il lui fallait traverser la Samarie. Il arrive donc à une ville de Samarie appelée Sychar, près de la terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph. Là se trouvait la source de Jacob. Jésus, fatigué par la marche, se tenait donc assis tout contre la source. C’était environ la sixième heure.

Une femme de Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » Ses disciples en effet s’en étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. La femme samaritaine lui dit : « Comment ! toi qui es Juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine ? » (Les Juifs en effet n’ont pas de relations avec les Samaritains.) Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où l’as-tu donc, l’eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit :

« Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau ; mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle. »

La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser. » Il lui dit : « Va, appelle ton mari et reviens ici. » La femme lui répondit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit : « Tu as bien fait de dire : « Je n’ai pas de mari », car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète… Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites : C’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. » Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. »

La femme lui dit : « Je sais que le Messie doit venir, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, il nous dévoilera tout. » Jésus lui dit : « C’est Moi, celui qui te parle. »

Là-dessus arrivèrent ses disciples, et ils s’étonnaient qu’il parlât à une femme. Pourtant pas un ne dit : « Que cherches-tu ? » ou : « De quoi lui parles-tu ? » La femme alors laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens :« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville et ils allaient vers lui.

 

  1. La condition de chacun avant de devenir membre dans la Société

« Qu’ils n’aillent pas orgueilleusement, tête haute, parce qu’ils ont désormais pour compagnons des gens qu’auparavant ils n’auraient pas osé approcher : que leur cœur plutôt s’élève, sans chercher les vanités de la terre. Les monastères n’auraient d’utilité que pour les riches et non pour les pauvres, s’ils devenaient lieu d’humble abaissement pour les premiers, d’enflure pour les autres.

De leur côté ceux qui étaient antérieurement des gens considérés ne seront pas dédaigneux à l’égard de leurs frères venus de la pauvreté dans cette société sainte. S’ils cherchent à se glorifier, que ce ne soit pas de la richesse et du prestige de leur parenté, mais bien plutôt d’habiter en compagnie de frères pauvres. Qu’ils ne se vantent pas d’avoir tant soit peu contribué de leur fortune à la vie commune ; avoir distribué leurs richesses dans le monastère ne devrait pas leur causer plus d’orgueil que d’en vivre dans le monde. Tout autre vice se déploie en faisant faire le mal ; mais l’orgueil, lui, s’attaque même au bien que l’on fait, pour le réduire à néant. À quoi sert de distribuer ses biens aux pauvres, de se faire pauvre soi-même, si l’âme dans sa misère devient plus orgueilleuse de mépriser les richesses que de les posséder ? Vivez donc tous dans l’unanimité et la concorde, et honorez mutuellement en vous Dieu dont vous avez été faits les temples.

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